10 conditions pour animer une communautĂ© d’entreprise

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Quels sont les facteurs-clĂ©s de succès pour lancer une entreprise sur les rĂ©seaux sociaux ? A quoi doit faire attention un community manager ? Quels sont les pièges Ă  Ă©viter ? Voici les 10 conditions nĂ©cessaires pour que l’animation d’une communautĂ© d’abonnĂ©s sur les rĂ©seaux sociaux atteigne ses objectifs. 

Les rĂ©seaux sociaux ont changĂ© la donne en matière de communication. On est passĂ© du modèle TF1 au modèle Facebook. C’est-Ă -dire d’une communication descendante de masse oĂą l’entreprise achète des spots de publicitĂ© pour promouvoir ses produits auprès d’un public passif devant sa tĂ©lĂ©vision, Ă  une communication conversationnelle sur les rĂ©seaux sociaux oĂą le public est actif, peut lui aussi s’exprimer, donner son avis sur l’entreprise et ses produits, commenter ses publications, etc.

Pour une entreprise, se lancer sur les rĂ©seaux sociaux peut provoquer des changements profonds internes en termes de culture, de management ou d’organisation, qu’il ne faut pas nĂ©gliger. Les rĂ©seaux sociaux participent Ă  la transformation numĂ©rique de l’entreprise. Donc autant anticiper ces changements pour mieux les accompagner. C’est l’objet de cet article.

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1. Associer la direction au social media

La première erreur que commettent parfois les responsables communication et/ou marketing, c’est de crĂ©er des comptes pour l’entreprise sur les rĂ©seaux sociaux « dans leur coin », sans y associer le reste de l’entreprise. Comme c’est gratuit et facile, on est vite tentĂ© de crĂ©er des comptes officiels « juste pour tester ». Beaucoup d’entreprises se retrouvent ainsi, sans le savoir, prĂ©sentes sur les rĂ©seaux sociaux avec un community manager « autonome », sans cadre.

Il faut au contraire commencer par s’assurer du soutien de la direction qui doit valider la stratĂ©gie social media de l’entreprise. Ce qui est loin d’ĂŞtre Ă©vident : on rencontre souvent le cas de responsables communication qui ont compris l’intĂ©rĂŞt des rĂ©seaux sociaux, mais qui doivent d’abord convaincre leur dirigeant rĂ©fractaire…

2. Associer les salariés au social media

Pensez aussi Ă  associer, le plus en amont possible, les salariĂ©s de l’organisation (entreprise, institution ou association) pour leur expliquer la dĂ©marche. Il y a beaucoup d’idĂ©es reçues sur les rĂ©seaux sociaux qui risquent de freiner l’adhĂ©sion des salariĂ©s. Ainsi, la plupart des employĂ©s sont rĂ©ticents Ă  suivre leur entreprise sur les rĂ©seaux sociaux car ils craignent que cela fasse « lèche-botte » ou bien que leur patron puisse espionner leur profil Facebook !

Cela demande donc beaucoup de pĂ©dagogie de votre part. Expliquez-leur pourquoi vous allez crĂ©er des comptes pour l’entreprise, qu’ils vont pouvoir s’y abonner en toute sĂ©curitĂ©, que leur travail y sera valorisĂ©, etc. Il est aussi possible de mettre en place une charte des rĂ©seaux sociaux qui rappelle ce qu’un salariĂ© a le droit de faire ou dire sur son entreprise en ligne. Autres idĂ©es plus ludiques : organiser une pizza party Ă  la cafĂ©tĂ©ria pour le 1000e fan sur Facebook ou distribuer des petits coeurs dans les bureaux pour inciter Ă  liker la page de l’entreprise.

En prĂ©sentant les rĂ©seaux sociaux aux salariĂ©s, vous en profiterez pour repĂ©rer les plus geeks d’entre eux qui pourront vous aider Ă  animer la communautĂ©, vous faire remonter des informations du terrain, vous envoyer des photos, partager les publications, etc. Bref, de repĂ©rer vos « ambassadeurs Â» en ligne.

3. Constituer une Ă©quipe de projet mixte

Faites travailler une équipe projet mixte en ateliers collaboratifs pour co-concevoir la stratégie sur les réseaux sociaux, les cibles, le choix des réseaux sociaux, la ligne éditoriale, le planning éditorial, etc. Lisez cet article pour en savoir plus sur la façon de définir sa stratégie social media.

Par « équipe de projet mixte », j’entends un Ă©quipe ouverte qui mixe les âges, les mĂ©tiers et les niveaux hiĂ©rarchiques. Une Ă©quipe qui ne soit pas constituĂ©e uniquement des responsables communication ou des dĂ©cideurs, mais aussi et surtout des opĂ©rationnels qui sont en contact direct avec la clientèle : ce sont eux qui connaissent mieux les usages et les questions que se posent rĂ©ellement vos futurs abonnĂ©s sur les rĂ©seaux sociaux.

Attention aussi Ă  ce que cette Ă©quipe ne soit pas constituĂ©e que de geeks ou de juniors, mais aussi de seniors de l’entreprise : ils peuvent avoir des visions très diffĂ©rentes des rĂ©seaux sociaux et des niveaux de maturitĂ© numĂ©rique diffĂ©rents.

Si vous le pouvez, rencontrez vos futurs abonnĂ©s potentiels, par exemple des membres du club fidĂ©litĂ© de la marque, de nouveaux clients, des partenaires de l’entreprise (fournisseurs, co-traitants, etc.) pour leur parler du projet social media.  Mieux : faites une enquĂŞte en ligne pour connaĂ®tre leurs usages numĂ©riques, quels rĂ©seaux sociaux ils utilisent, quelles informations les intĂ©resseraient sur Facebook, etc.

4. AmĂ©liorer les compĂ©tences numĂ©riques dans l’entreprise

Une communautĂ© d’entreprise ne peut fonctionner en ligne que si ses acteurs, notamment au sein de l’organisation, comprennent le fonctionnement des rĂ©seaux sociaux et savent utiliser les outils du Web 2.0. Or les niveaux de compĂ©tences numĂ©riques sont gĂ©nĂ©ralement très disparates au sein de l’entreprise.

La fracture numĂ©rique n’est pas qu’une question d’âge (Milleniums nĂ©s avec Internet ou pas), mais aussi de pouvoir d’achat (il faut des moyens pour acheter un ordinateur, un abonnement haut-dĂ©bit ou un smartphone), de niveau de formation (près de 10 % de la population active en France a des difficultĂ©s de lecture) et d’Ă©tat d’esprit.

Lorsqu’une entreprise crĂ©e son site web ou se lance sur les rĂ©seaux sociaux, on s’aperçoit soudain que le prĂ©sident ne sait pas installer une appli sur son smartphone ou que le directeur commercial ne sait pas envoyer un fichier lourd par e-mail. Autant d’habilitĂ©s numĂ©riques qui vont ĂŞtre indispensables au community management.

Vous pouvez organiser des formations web classiques avec un formateur professionnel, mais je crois plus Ă  l’efficacitĂ© des webschools plus informelles, ouvertes Ă  tous sans obligation et animĂ©es par des salariĂ©s de l’entreprise. Par exemple des ateliers d’initiation aux rĂ©seaux sociaux Ă  l’heure du dĂ©jeuner, sur des sujets concrets (« comment crĂ©er son profil LinkedIn », « rĂ©gler ses paramètres de confidentialitĂ© sur Facebook », « que font vos enfants sur Snapchat ? », etc.).

5. Diffuser la culture de la transparence et du partage

Une communautĂ© en ligne fonctionne si les membres cultivent entre eux la transparence et l’échange d’informations. Il faut que le community manager soit au courant de tout ce qui se passe dans l’entreprise, des perspectives stratĂ©giques, des projets en cours, des difficultĂ©s rencontrĂ©es, etc. Plus il sera informĂ©, mieux il pourra rĂ©pondre aux internautes en ligne.

Cette transparence va Ă  l’encontre des valeurs classiques des organisations traditionnelles qui cultivent au contraire le secret, le cloisonnement entre les services ou la transmission hiĂ©rarchique de l’information. Beaucoup de managers ne sont pas prĂŞts Ă  faire circuler l’information car l’information, c’est le pouvoir. Donc partager leurs informations, c’est partager leur pouvoir.

Culturellement, beaucoup d’entreprises ont du mal Ă  comprendre la notion de partage sur les rĂ©seaux sociaux. Elles n’imaginent pas qu’elles puissent relayer gratuitement et sans autorisation des informations publiĂ©es par d’autres entreprises ou institutions. Et encore moins que des clients contents puissent partager gratuitement les publications de l’entreprise.

6. Organiser les circuits d’information et de validation

Vous avez donc intĂ©rĂŞt Ă  structurer clairement les Ă©changes d’information et les circuits de validation dans l’entreprise pour accĂ©lĂ©rer et fluidifier la production de contenus par le community manager.

D’abord les flux d’informations. Il faut qu’elles puissent remonter en permanence du terrain ou descendre de la direction vers le community manager. Il a besoin d’avoir des dĂ©tails prĂ©cis, mais aussi et surtout des images (photos ou vidĂ©os) pour pouvoir illustrer ses publications. Il a besoin aussi d’avoir des rĂ©ponses techniques rapides Ă  toutes les questions que peuvent poser les internautes.

Si l’entreprise a plusieurs implantations (sites, usines, Ă©tablissements, agences, succursales, etc.) ou qu’elle est prĂ©sente dans plusieurs pays, la distance peut compliquer les choses. Une solution peut ĂŞtre de nommer des rĂ©fĂ©rents web qui sont chargĂ©s d’envoyer rĂ©gulièrement des infos au community managers ou de rĂ©pondre vite Ă  ses questions.

PrĂ©voyez aussi un circuit de validation le plus rapide et court possible. Les rĂ©seaux sociaux n’ont pas du tout les mĂŞmes contraintes de temps que le print. Si le community manager ne peut rien publier seul en ligne et doit tout faire valider en permanence, cela risque de poser problème pour publier en temps rĂ©el… Une solution peut ĂŞtre de dĂ©finir et faire valider une charte de community management qui cadre 95 % des publications. Tant que le community manager respecte cette charte, pas besoin de validations multiples.

Et pour le 5 % restants, prĂ©voyez un circuit exceptionnel de validation pour la communication de crise, par exemple en cas d’avis nĂ©gatifs ou d’attaque de trolls sur les rĂ©seaux sociaux.

7. Embaucher un community manager

Une communauté ne s’anime pas toute seule. Comme au club vacances, il faut des animateurs qui publient des contenus sur les réseaux sociaux, les illustrent, créent des jeux-concours, gèrent des publicités sur les réseaux sociaux, suivent les conversations, modèrent les commentaires, mesurent les résultats atteints, etc.

C’est un nouveau mĂ©tier dans l’entreprise qu’on appelle « community manager » ou « social media manager » ou « responsable social media« . Un mĂ©tier qui demande des compĂ©tences variĂ©es et des profils polyvalents de communicant web, plus que de technicien informatique. En savoir plus sur le mĂ©tier de community manager.

En tout cas, il ne faut pas sous-estimer le temps nĂ©cessaire Ă  l’animation des rĂ©seaux sociaux. Il ne faut pas juste 2 minutes pour publier un tweet ! En plus, c’est un « travail en miettes » qui nĂ©cessite de nombreuses actions courtes et discontinues tout au long de la journĂ©e. Il est donc très difficile d’assurer l’animation des rĂ©seaux sociaux en mĂŞme temps que d’autres tâches classiques dĂ©jĂ  assurĂ©es par le responsable communication (gestion du print, de l’Ă©vĂ©nementiel, des relations presse, etc.).

8. Avoir des choses à dire sur les réseaux sociaux

Si une entreprise crĂ©e des comptes sur les rĂ©seaux sociaux, il faut qu’elle les anime en publiant très rĂ©gulièrement (gĂ©nĂ©ralement une fois par jour) des contenus de qualitĂ©, originaux, Ă  valeur ajoutĂ©e, pertinents.

Il faut donc avoir beaucoup de choses Ă  dire et rĂ©ussir Ă  le dire plusieurs fois sous des formes diffĂ©rentes. Lire notre article « Publier des sĂ©ries sur les rĂ©seaux sociaux : avantages et inconvĂ©nients ».

9. Créer des relations IRL (In Real Life)

Une erreur courante du community manager dĂ©butant est de rester derrière son Ă©cran… L’animation des pages sur les rĂ©seaux sociaux n’est qu’une partie du community management. Autrement dit, une communautĂ© n’existe en ligne que si elle existe aussi dans le monde rĂ©el.

Au sens propre, une « communauté » est un regroupement d’individus qui partagent les mĂŞmes valeurs et les mĂŞmes règles, pour le meilleur et pour le pire. Etymologiquement, le mot communautĂ© vient des termes latins cum (avec) et munus (charges, dettes, obligations mutuelles). Pensez au mariage sous la communautĂ© de bien ou Ă  une communautĂ© de moines. Une communautĂ© est donc un terme très fort. D’ailleurs sur Facebook, les abonnĂ©s « aiment » la page de l’entreprise ou ses posts.

Pour qu’une communautĂ© fonctionne, il faut qu’elle partage des valeurs, des expĂ©riences, des Ă©motions, des souvenirs en commun. L’idĂ©al est de pouvoir le faire dans le monde rĂ©el ou IRL (In Real Life) comme on dit sur Twitter : organiser des rencontres, des mini-Ă©vĂ©nements, des sĂ©minaires, des ateliers, des visites, des remises de prix, etc. Lire notre article « 10 conseils pour promouvoir un Ă©vĂ©nement sur les rĂ©seaux sociaux ».

10. Choisir les bons outils de community management

Les outils en ligne ne sont que des outils. Ils ne crĂ©ent pas eux-mĂŞmes la communautĂ©, mais aident le community manager Ă  l’animer. L’idĂ©al est de choisir des outils simples Ă  mettre en place et Ă©volutifs, quitte Ă  changer d’outils au fur et Ă  mesure que la communautĂ© se dĂ©veloppe et que les besoins changent.

Pour choisir vos outils de community management, consultez nos boĂ®tes Ă  outils testĂ©s et approuvĂ©s :

Article mis Ă  jour le 4 octobre 2018.

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2 rĂ©flexions sur “10 conditions pour animer une communautĂ© d’entreprise”

  1. Article pertinent sur l’animation de communautĂ©, merci Gabrielle 🙂 Pour rebondir sur les outils simples et Ă©volutifs, le phĂ©nomène du casual game comme Candy Crush pousse actuellement les marques Ă  dĂ©velopper le brand entertainment. Le jeu permet de promouvoir la marque d’une façon assez interactive. Le jeu offre naturellement une belle expĂ©rience Ă  son public qui semble plus rĂ©ceptif aux messages

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