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Organiser l’arborescence d’un site web avec la méthode du tri des cartes

La méthode du tri des cartes permet d’organiser les contenus d’un site internet et de définir son arborescence plus facilement et plus efficacement. Voici quelques conseils pratiques en 6 étapes.

L’arborescence d’un site web recense tous les contenus et les organise sous la forme de pages et de sous-pages regroupées par thème. On parle aussi de plan de site, de menu, voire d’architecture de l’information pour faire plus chic.

Une arborescence réussie est une arborescence intuitive, avec des intitulés compréhensibles par tous, qui permet aux internautes de naviguer facilement sur votre site web pour atteindre leurs objectifs. C’est aussi une arborescence complète, qui n’oublie rien et permet d’organiser tous vos contenus de façon évolutive.

Bref, elle doit être orientée utilisateur. Or, trop souvent, le plan du site web n’est pas du tout orienté utilisateur mais plutôt organisation. Il reflète par exemple l’organigramme de l’entreprise, la plaquette print ou le catalogue de produits.

On voit aussi des arborescences « fourre tout » qui ont mal évolué dans le temps, car on y a empilé des contenus supplémentaires au fur et à mesure sans suivre toujours la même logique…

Pour réussir son arborescence, la méthode du tri des cartes peut s’avérer très efficace. Voici comment elle se déroule, étape par étape :

Etape 1 : lister les contenus du site

Première étape, il s’agit de recenser toutes les informations qui doivent être publiées sur le site web, de manière exhaustive. Il nous paraît important ici d’introduire la notion de granularité de l’information. Le terme de granularité définit la taille du plus petit élément (le grain) d’un système. Par exemple un individu dans une population étudiée. Appliqué à l’information, il s’agit d’identifier chaque contenu, chaque « unité de sens. » Concrètement, une page « équipe », une fiche produit, un témoignage client, un article de blog, un établissement, etc. Recensez chaque unité de sens dans un tableur type Excel.

N’oubliez pas les pages fonctionnelles classiques des sites web : mentions légales, conditions générales de vente, qui sommes-nous, espace presse, plan de site, contact, blog, etc.

Dans le cadre d’une refonte de site, on peut partir de l’existant. On recense alors toutes les pages de l’ancien site web dans un tableau Excel en notant bien leur URL. Partir de l’ancien site fait gagner du temps, mais ce n’est pas du tout obligatoire, voire déconseillé car cela induit des biais issus de la structure ancienne. Mieux vaut faire table rase du passé et repartir de la base, à savoir les contenus.

Etape 2 : préparer les cartes

Deuxième étape : écrire chaque item sur un Post-it ou, mieux, sur des cartes en carton qui sont plus faciles à manipuler. Lorsqu’il y a peu de cartes, on peut les numériser en créant des « bulles » virtuelles dans un logiciel de mindmapping comme XMind (version Free gratuite). Mais rien ne vaut le carton physique quand on a plus d’une centaine de contenus à manipuler à plusieurs…

Faites attention à la clarté des intitulés : restez synthétique. N’essayez pas de décrire chaque contenu, mais plutôt de les désigner simplement en un ou deux mots. A ce stade, ne vous prenez pas (encore) la tête sur le nommage. A la rigueur, vous pouvez commencer à noter un ou deux synonymes alternatifs.

Prévoyez aussi un gros paquet de cartes vierges et des stylos pour pouvoir créer de nouvelles cartes ou modifier les intitulés des cartes existantes.

Etape 3 : organiser un atelier tri des cartes

Un atelier tri des cartes est une réunion de travail active, qui dure au moins 2 heures. Réservez une salle de réunion calme, avec une grande table sur laquelle étaler les cartes ou un mur lisse sur lequel coller les Post-it.

Qui inviter à cet atelier ? Dans l’idéal, l’atelier tri des cartes regroupe une vingtaine de « vrais » utilisateurs du site web, en veillant à ce que l’échantillon représente bien les profils type ou personas définis en amont du projet…

Mais dans la réalité, on doit généralement se contenter des intervenants du projet web : le responsable marketing ou communication, le chef de projet web, le webdesigner, le développeur, le rédacteur, etc. En l’absence de « vrais » utilisateurs, invitez à l’atelier des personnes qui sont en contact avec eux : le commercial, la secrétaire, le responsable du service client, etc. Plus les profils des intervenants sont variés (âges, métiers, formations, etc.), plus les résultats sont intéressants.

SI vous avez un petit groupe (moins de 5 personnes), vous pouvez travailler tous ensemble sur la même arborescence. Si vous êtes plus nombreux, répartissez les intervenants en 2 groupes qui travailleront chacun en parallèle sur une arborescence différente.

Si votre site comprend un très grand volume de pages, faites plusieurs sessions de tri des cartes et limitez-vous à deux groupes thématiques ou deux niveaux de navigation par session.

Etape 4 : classer les cartes par groupes thématiques

Distribuez les cartes aux intervenants et demandez-leur de les regrouper par thèmes similaires (tri ouvert). On peut aussi déterminer les groupes thématiques à l’avance et demander aux intervenants d’y ranger les cartes (tri fermé).

Tout le piquant de l’exercice réside dans la définition de ce qu’on entend par « similaire » et dans la différenciation entre les groupes. Tous les cerveaux humains n’ont en effet pas la même logique… Par exemple, certains vont privilégier une organisation rationnelle en réunissant des contenus de nature équivalente (comme un rayon apéritifs dans une supérette qui regroupe des cacahouètes et des chips). Quand d’autres vont privilégier une organisation intuitive en réunissant des contenus de nature complémentaire (comme un univers apéro dans un hypermarché qui regroupe des cacahouètes et des tire-bouchons). L’exercice provoque donc souvent des discussions animées…

Si les participants repèrent des contenus manquants, ils peuvent remplir les cartes vierges. S’ils décident de regrouper plusieurs contenus sur une seule page, ils peuvent empiler les cartes. S’ils veulent attribuer une carte à plusieurs groupes, ils peuvent la dupliquer. S’ils souhaitent en supprimer, il suffit de mettre les cartes de côté.

Demandez ensuite aux participants de prioriser les groupes et de les hiérarchiser en groupes, sous-groupes, voire sous-sous-groupes. Autrement dit, de commencer à les organiser par niveaux.

Etape 5 : nommer les groupes

Cinquième étape : le nommage des groupes thématiques. Il s’agit de trouver un intitulé, le plus clair et le plus court possible pour désigner les contenus de chaque groupe, comme un titre de chapitre. Notez ces intitulés sur des cartes vierges (si possible de couleur différente) qu’on place au dessus de chaque groupe.

En tant qu’organisateur, écoutez et notez attentivement les discussions et surtout les termes utilisés spontanément par les participants qui viendront enrichir le nommage définitif des pages.

A la fin de l’atelier, numérotez toutes les cartes en progressant méthodiquement de gauche à droite et de haut en bas. Pour plus de sûreté, vous pouvez aussi prendre en photo la table entière.

Etape 6 : finaliser l’arborescence

Le travail n’est pas terminé… Après l’atelier, saisissez l’arborescence des cartes dans un tableau Excel ou dans XMind, en vérifiant que tous les contenus ont bien été classés. L’atelier tri des cartes sert essentiellement à réfléchir à plusieurs et à déterminer ensemble des pistes d’organisation qui vous guideront pour traiter les questions ou contenus oubliés durant l’atelier.

Si les participants ont travaillé en parallèle sur deux arborescences, il va falloir les synthétiser en retenant les meilleures idées de chacune.

Enfin, il faut rapprocher l’arborescence issue du tri des cartes avec les autres études faites en amont pour le site web, notamment :

  • Les personas (pour vérifier que les profils types trouvent bien réponses à leurs questions types dans l’arborescence)
  • Les maquettes fonctionnelles (pour vérifier que les menus de navigation prévus sont bien adaptés)
  • Les Google Analytics (pour vérifier que les pages les plus lues sur l’ancien site sont bien mises en valeur dans la nouvelle arborescence)
  • L’analyse de potentiel SEO (pour vérifier que le nommage des pages reprend bien les principales expressions-clés utilisées par les internautes)

Envoyez l’arborescence obtenue aux participants pour validation. Intégrez leurs remarques éventuelles. Et voilà : vous avez maintenant une arborescence finalisée !

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